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(IN)ÉGALITÉ HOMME/FEMME EN EUROPE (1/5)

(IN)ÉGALITÉ HOMME/FEMME EN EUROPE (1/5)

La formation

Premier volet de notre dossier sur les « (in)égalités homme/femme en Europe » : les écarts homme/femme sous l’angle de la FORMATION. Vous trouverez plus de détails sur la méthode à la fin de cet article – – – – >

 

L’indicateur: les diplômés des sciences et de l’ingénierie

L’indicateur rassemble les personnes diplômés issues de deux grands domaines :

# Les mathématiques et l’informatique.

# L’ingénierie, l’industrie et la construction.

Le choix s’est porté sur ces filières car statistiquement les hommes y sont davantage sur-représentés que dans les autres (sciences sociales, lettres, éducation…) : Dans l’UE, 58% des diplômés en sciences, mathématiques et informatique sont des hommes et ce chiffre monte même à 73% pour l’ingénierie, l’industrie et la construction. Ce qui est d’autant plus éloquent quant on sait que les femmes sont plus généralement sur-représentées dans la formation supérieure.

Tous sexes confondus (carte 1), nous pouvons observer que ces deux secteurs très masculinisés sont moins importants dans les pays de l’est européen que dans ceux de l’ouest, même s’il y a des écarts importants entre ces derniers.

Avec 62 % de l’ensemble des diplômés du supérieur (type bachelor), la France figure au second rang européen (derrière le Luxembourg) alors que l’Allemagne, première puissance européenne, n’est qu’à 41 %, se situant ainsi dans la moitié des pays où se taux est le plus faible.

Carte 1: Les diplômés des sciences et de l’ingénierie (tous sexes confondus)

 

Les différences entre hommes et femmes

On observe tout d’abord que l’écart homme femme reste plutôt signifiant dans l’ensemble des pays. Il est supérieur à 10 pts dans la plupart des pays européens et c’est dans les pays nordiques que ces filières sont les plus masculinisées avec des écarts supérieurs à 20 pts. A titre d’exemple, en Finlande, 52,5% des hommes diplômés du supérieur (type bachelor) l’ont été dans ces filières, alors que ce chiffre tombe à 26,5% pour les femmes, soit un écart de 26 pts. La seule exception à cette tendance revient au Luxembourg où la part des femmes est supérieure de près de 5 points à celle des hommes. Après le Luxembourg, les meilleurs élèves européens sont la Turquie et Chypre, avec des écarts inférieurs à 5 points.

Carte 2: Écart homme/femme

Note de lecture : Plus le bleu est foncé, plus l’inégalité – au profit des hommes – est forte. Plus le bleu est clair, plus l’écart homme femme est faible, le blanc correspondant à une quasi parité homme femme. Le coloris orangé signifie que l’écart est favorable aux femmes. Par exemple, la Norvège et l’Autriche sont des pays où l’écart homme/ femme est très important.

 

L’évolution sur les dix dernières années (carte 3) ne tend pas vers une réduction de cet écart et une plus grande ouverture aux femmes de ces filières masculinisées. On constate même qu’il continue de s’accentuer significativement dans la majeure partie des pays où il était déjà conséquent (Pays-Bas, Lettonie, Slovénie). Cette corrélation est confirmée par la forme relativement linéaire du nuage de points sur le graphique (graph 1) :  le creusement de l’écart se serait donc opéré sur ces dix dernières années.

L’Islande et la Macédoine semblent deux cas bien spécifiques. En dix ans, ils auraient basculés d’un écart homme femme fortement favorable à la femme en l’exact inverse, ce qui explique les évolutions conséquentes que l’on observe sur la carte 3. L’information concernant ces deux pays est donc à prendre avec des pincettes.

Carte 3: Évolution de l’écart homme/femme

Note de lecture : Plus le vert est foncé, plus l’écart homme femme diminue, le blanc correspondant à une évolution quasi nulle. Plus la couleur tend vers le marron, plus l’écart homme femme se creuse – au profit des hommes. Par exemple, l’écart entre homme et femme se creuse d’avantage en Slovénie et en Islande alors qu’il tend à se réduire considérablement en Estonie et en Croatie.

 

 

Graph 1: Croisement entre écart et évolution de l’écart homme/femme

 

 

(IN)ÉGALITÉ HOMME/FEMME EN EUROPE:

La méthode

>>> Cinq thématiques pour mesurer l’ écart entre homme et femme et observer vers quoi (ou plutôt vers qui) tend cet écart : se creuse-t-il davantage au profit des hommes ? Ou tend-il à se réduire vers une réelle égalité homme/femme ?

>>> Cinq marqueurs forts qui nous caractérisent socialement et économiquement (revenu, formation, technologie, précarité, emploi), matérialisés par la représentation de cinq indicateurs,

FORMATION, avec la « Proportion de diplômés dans les sciences et de l’ingénierie »

REVENU, avec le « Salaire horaire moyen »

EMPLOI, avec le « Taux d’emploi »

PRÉCARITÉ, avec le « Taux de risque d’exclusion sociale »

TECHNOLOGIE, avec la « Proportion de la population n’ayant jamais utilisé un ordinateur »

>>> Une comparaison de la situation dans les différents pays européens. Les pays scandinaves se montrent-ils plus progressistes que des pays méditerranéens encore en partie affectés par la tradition catholique ? La domination économique et technologique des trois puissances industrielles (France, l’Allemagne, le Royaume-Uni) sur les pays de l’Est et la Turquie s’accompagnent-elles réellement (comme c’est censé être le cas) d’une plus grande avancée sur des questions sociétales comme la place de de la femme ?

>>> La vocation de ce travail est d’avantage de poser des questions que ne fournir des réponses. De même, il repose sur une méthode simple qui peut en tout point être discutée. Puisse-t-il tout de même alimenter les débats actuels et futurs.

 

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