L’emploi et le territoire: l’émergence des « monstropoles »

+ 113 000

C’est le nombre d’emplois salariés privés supplémentaires en France depuis 5 ans. Ainsi, en marge de la hausse historique du chômage, le territoire français continue de créer de l’emploi.

Néanmoins, ce chiffre qui pourrait suggérer une bonne santé économique cache une profonde dualité spatiale, une géographie économique à deux vitesses qu’illustre parfaitement cette première anamorphose.

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On observe en effet un gain en emploi très fortement concentré géographiquement : six bassins d’emploi totalisant un surcroît de 184 000 emplois (Paris, Lyon, Toulouse, Nantes, Bordeaux et Saclay). Ce qui induit que le cumul des 316 autres zones d’emploi accuse un déficit de près de 71 000 emplois salariés. Globalement, 118 zones d’emploi présentent une évolution positive sur les cinq dernières années, pour 204 zones d’emploi qui connaissent des pertes, qui sont supérieures à 1 000 emplois pour 75 d’entre elles.

Les grandes métropoles ont donc fait mieux que résister aux effets de la crise depuis 2009. L’Est, le Nord et le grand Bassin Parisien paraissent en revanche plus que jamais écrasés par la capitale. C’est dans ce grand secteur géographique que l’on retrouve les zones d’emploi les plus en souffrance, exception faite de la zone d’emploi de Nice qui connaît des difficultés dans les secteurs du bâtiment et certaines activités de pointe.

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La destruction des emplois de l’industrie, assez constante depuis 30 ans et en accélération depuis 2009 (- 38 000 chaque année), n’explique qu’en partie cette double géographie. La seconde anamorphose nous montre que les pertes d’emploi dans l’industrie sont assez généralisées. A l’opposition centre vs. périphérie se substitue une opposition Toulouse vs. reste du pays – une résistance à mettre au crédit, cela va sans dire, de la branche aéronautique, gourmande en main-d’œuvre et en ingénierie (ce qui explique également le second rang national du bassin d’emploi de Figeac en termes de gain en emploi industriel).

Dans le système-monde, les grandes métropoles interconnectées peuvent faire face à ce déclin grâce à la capacité de renouvellement de leur tissu tertiaire. Loin des projecteurs, les villes secondaires et les territoires périphériques s’enfoncent dans une progressive désertification économique.

FABIEN LAMBERTIN

cartotem31@gmail.com

@FabienL3

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